mercredi 11 octobre 2017

Les années douces

par Hiromi Kawakami


Titre original : Sensei no Kaban
Auteur: Hiromi Kawakami
Pays: Japon
Genre: Roman
Nombre de pages : 284
Année de première parution : 2001
N° ISBN: 978-2-87730-765-9

Le sujet :

Harutsuna Matsumoto est un professeur de japonais à la retraite. Il se souvient très bien de Tsukiko Omachi, l’une de ses anciennes élèves, qui a ses habitudes dans le même troquet que lui et qui commande les mêmes choses que lui. C’est d’ailleurs en lui faisant un jour la remarque qu’il brise la glace. Le dialogue s’instaure entre ces deux personnages qui ne vont dès lors cesser de se rapprocher, malgré les trente années qui les séparent…

Contenu et impressions :

Je vous ai déjà fait part de mon intention de lire ce roman dans un précédent article. Si j’ai le plaisir de vous en parler aujourd’hui, c’est qu’il était donc à la médiathèque et que j’ai enfin eu le temps de le lire, youpi ! ( ^^ )

***

C’est à travers les yeux de Tsukiko que l’on assiste à la naissance de cette relation très belle et très touchante. Petit à petit, au fil des saisons, Tsukiko et son professeur vont devenir indispensables l’un à l’autre et entrer dans la vie l’un de l’autre. Tout commence ce fameux soir où Tsukiko accepte de se rendre chez celui qu’elle appelle « le maître » pour prendre un dernier verre, sans aucune arrière-pensée. Il lui montre des objets qui ont une valeur sentimentale pour lui, il lui raconte une foule d’anecdotes. Et c’est tout. Ou presque…
Car Tsukiko et « le maître » ont un lien invisible et sont comme connectés. Ils vont se retrouver naturellement dans ce même troquet, sans même avoir à se donner rendez-vous. Ils n’ont pas besoin de cela. Parfois, ils se retrouvent ailleurs, autrement, se croisent au hasard d’une rue ou se retrouvent sur la demande du maître pour l’accompagner sur le marché ou bien ils participent à une mémorable cueillette de champignons au petit matin avec le patron du troquet où ils ont l’habitude d’aller et le cousin de ce dernier.
Ce sont deux solitaires contents de s’être trouvés et ils s’apprivoisent, ils se chamaillent – et l’on se surprend à être triste pour eux et avec eux, car la solitude reprend très vite le pas – ils se réconcilient, ils se taquinent. Le lecteur apprend dès le premier chapitre que Tsukiko a du mal à nouer des liens, même avec des gens de son âge. Quant au professeur, il a été marié à une femme peu banale qui l’a quitté du jour au lendemain et sans laisser de trace.
La magie de l’auteur opère dès les premières pages. Hiromi Kawakami n’a pas sa pareille pour expliquer tous ces petits riens et ces anecdotes de la vie de tous les jours, et surtout ces liens qui se tissent délicatement, qui sont parfois ténus et si fragiles, mais qui peuvent devenir très forts. Elle parle également admirablement bien de la nostalgie ou de cette forme de jalousie que l’on peut éprouver lorsque l’être aimé n’est pas là ou qu’il fait souffrir, parfois même sans s’en rendre compte.
Les dernières lignes sont à la fois belles, puissantes et émouvantes et le roman est fin et subtil de bout en bout.        
 
En conclusion :

J’aime beaucoup l’univers de Hiromi Kawakami. Je n’ai lu que deux de ses romans, mais ils ont eu tous les deux un impact très fort sur moi. J’ai lu la version BD il y a quelques années et je suis très contente d’avoir pu lire l’œuvre originale. En lisant le roman, je me suis souvenue au fur et à mesure de certains passages, comme la scène de la cueillette des champignons et du coup, j’ai de nouveau envie de lire la version BD.
Bien entendu, je vous conseille la lecture du roman et de la BD.

Un petit mot sur l'auteur :


Hiromi Kawakami est une romancière et écrivaine japonaise née le 1er avril 1958 à Tokyo. Son premier roman (Kamisama) a paru en 1994. Elle est très populaire au Japon. En France, c’est précisément et principalement pour son roman Les années douces (paru en 2001 au Japon et en 2003 en France) qu’elle est connue. Ce roman a été adapté en bande dessinée par Jiro Taniguchi en 2008 (paru en France en 2010). Son œuvre a été traduite dans plus de vingt langues. Elle a reçu de nombreuses récompenses, notamment le prestigieux prix Tanizaki en 2001 pour son roman Les années douces.


Source renseignements sur l'auteur: site Wikipedia et http://bokmenntahatid.is/hiromi-kawakami-2/




IZA, le 11 octobre 2017

samedi 30 septembre 2017

Gratot

Le château de Gratot

Château de Gratot


Date : le 25 juillet 2017

Cet été, avec Christian-le-retrogamer-occasionnel, on a pas mal roulé notre bosse. Jugez plutôt : un peu moins de 3000 km en 10 jours, un tour de France familial, culturel et gastronomique. Nous avons vu des paysages différents, découvert plein de choses, mangé plein de bonnes choses :D et vu plein de monde.
Parmi les splendeurs que nous avons découvertes, il y a ce château situé à Gratot, dans la Manche (Normandie), à quelques kilomètres de Coutances (une autre splendeur de Normandie, soit dit au passage).

Jardin des plantes de Coutances

L’histoire du château de Gratot est aussi intéressante qu’émouvante. En effet, au XIXème siècle, ses propriétaires successifs ne l’ont pas entretenu, si bien qu’il a fini par tomber en ruine, mais son histoire ne s’arrête pas là… heureusement.
A la fin des années 1960, des bénévoles aussi motivés que courageux ont entrepris le sauvetage de la bâtisse.
Aujourd’hui, elle peut être entretenue grâce aux subventions, au mécénat et aux droits d’entrée.
Des manifestations culturelles ont lieu très régulièrement. Le jour où nous l’avons visité, une troupe installait des sièges et une scène pour un spectacle en plein air. De plus, il y avait une expo d’art contemporain.

Au théâtre ce soir : Perceval, par la Compagnie du Graal.

Le plan idéal : visite du Jardin des Plantes de Coutances et de la cathédrale, un p’tit restau, puis direction Gratot pour visiter le château et pour finir, un tour à la plage ! ;)




IZA, le 30 septembre 2017

mardi 29 août 2017

La brocante Nakano

par Hiromi Kawakami

 
Titre original : Furudogu Nakano Shoten

Auteur: Hiromi Kawakami

Pays: Japon

Genre: Roman

Nombre de pages : 342

Année de première parution : 2005

N° ISBN: 978-2-8097-0090-9



Le sujet :



Ce roman traite essentiellement de la vie et des relations entre les quatre personnages évoluant au sein de la brocante Nakano : le patron, sa sœur et les deux employés.

La plupart des clients sont atypiques, à l’image des objets que l’on peut trouver dans cette brocante...



Contenu et impressions :



Petit aparté pour commencer. Si ce livre était adapté en drama, ce serait un drama d’ambiance, comme on dit dans ces cas-là. D’ailleurs, j’aimerais bien le voir adapté en drama, je suis sûre que l’on pourrait en faire quelque chose de bien. Enfin… un drama court, disons deux ou trois épisodes. Ce serait amplement suffisant. Pour tout vous dire, j’ai lu ce roman en « drama-style » : j’avais les acteurs, j’avais le décor, j’avais tout. « Ma » boutique s’inspirait largement de la librairie de livres anciens que l’on peut voir dans Tokyo Bandwagon. Par contre, mon petit casting à moi n’était pas le même, encore qu’à la réflexion, et même si je n’avais pas pensé à elle dans un premier temps, à présent je vois très bien Mikako Tabe incarner ici Hitomi, la narratrice. A voir…

Parlons justement des personnages un peu plus en détails. La narratrice est donc Hitomi. Elle travaille comme employée dans la brocante de Monsieur Nakano. Hitomi nous livre ses réflexions, ses peurs, ses impressions sur tout et en particulier sur Takeo, l’autre employé, qui est chargé d’effectuer les récupérations d’objets. Takeo est un peu mystérieux, et pas uniquement pour la narratrice, car c’est un taiseux. Il n’en demeure pas moins attachant, tout comme les autres personnages, d’ailleurs !

Monsieur Nakano est le patron. C’est un quinquagénaire qui a un gros point faible : la gent féminine. Nous faisons d’ailleurs la connaissance de Sakiko, qui est l’une de ses maîtresses ! Sakiko est un personnage secondaire très intéressant. Le chapitre dans lequel Hitomi lit un manuscrit écrit par Sakiko est très drôle, car elle le lit sur une matinée, et comme le contenu est… bon, je ne vais pas vous le dire, mais Hitomi est plongée dans sa lecture et à cause du contenu, elle est surprise tout à coup lorsqu’un client entre soudain dans la boutique et du coup, elle réagit bizarrement. Hitomi, de toute façon, je l’adore. C’est à elle – et un peu à monsieur Nakano – que je dois tous ces sourires pendant la lecture, comme par exemple ce passage où elle est inquiète car la personne pour qui elle commence à développer des sentiments ne l’appelle pas et elle se met à énumérer toutes les raisons pour lesquelles il n’appelle pas… et ça va loin ! Et d’ailleurs, on a tous et toutes éprouvé cela un jour, c’est ça et tous ces autres petits riens qui font que l’on se sent proche des personnages.

Masayo, la sœur de Monsieur Nakano, ne travaille pas à la boutique, mais elle vient régulièrement rendre visite à son frère. Son activité professionnelle consiste à fabriquer et vendre des poupées. Curieusement, lorsqu’elle vient à la boutique, son aura fait que le chiffre d’affaires augmente sensiblement. Masayo va tisser un lien particulier avec Hitomi. Les deux femmes vont devenir des confidentes, ou du moins ce qui s’en rapproche le plus. Tous les personnages vont d’ailleurs tisser des liens et c’est tout l’intérêt de ce roman tout en finesse et subtilité.

De prime abord, ce que l’on peut lire en quatrième de couverture n’incitera peut-être pas le lecteur à se jeter sur ce roman (par peur de se lancer dans une lecture ennuyeuse, peut-être), mais il vaut vraiment le coup ! C’est certain qu’il n’y a pas de rebondissements qui s’enchaînent, de l’action à tire-larigot, mais qu’est-ce que cette histoire est belle et surtout, qu’est-ce que j’aime ce style si simple, mais si subtil ! Chaque chapitre est centré sur un objet, qui est un point de départ pour raconter des petits riens, mais qui au total font un grand tout ! Combien de fois me suis-je sentie impliquée au point de vouloir me retrouver avec eux dans l’arrière-boutique ou en compagnie de Masayo et Hitomi à manger des pâtisseries !

Etant donné que ce sont des petites bribes de la vie quotidienne, on peut lire ce roman tranquillement, chapitre après chapitre, à raison d’un chapitre par soir, on peut même laisser passer plusieurs soirs et retrouver tout le monde sans devoir se dire : « Au fait, il se passait quoi déjà quand j’ai quitté tout ce beau monde la dernière fois ? »). En ce qui me concerne, j’ai été tellement charmée que je l’ai dévoré.

J’ai eu un peu peur que la fin ne soit pas satisfaisante, qu’elle tombe un peu à plat ou qu’elle soit banale, mais je n’ai pas été déçue, c’est un sans faute, et c’est typiquement le genre de petit univers et de personnages que je suis triste de quitter une fois le livre terminé et refermé pour la dernière fois.



En conclusion :



Comme je l’ai dit plus haut, j’ai dévoré ce roman. Je faisais un tour à la médiathèque de ma ville, sans chercher de livre en particulier, lorsque je suis tombée sur celui-ci et j’ai tout de suite été attirée par la couverture, qui est magnifique.

Je vais retourner très prochainement à la médiathèque pour voir s’il n’y aurait pas d’autres pépites du même genre par Hiromi Kawakami. J’ai lu Les années douces par le passé, mais dans sa version BD. Si je pouvais trouver le roman, je serais comblée. Affaire à suivre ?



Un petit mot sur l'auteur :


 
Hiromi Kawakami est une romancière et écrivaine japonaise née le 1er avril 1958 à Tokyo. Son premier roman (Kamisama) a paru en 1994. Elle est très populaire au Japon. En France, elle est surtout connue pour son roman Les années douces (paru en 2001 au Japon et en 2003 en France), qui a été adapté en bande dessinée par Jiro Taniguchi en 2008 (paru en France en 2010). Son œuvre a été traduite dans plus de vingt langues. Elle a reçu de nombreuses récompenses, notamment le prestigieux prix Tanizaki en 2001 pour son roman Les années douces.



Source renseignements sur l'auteur: site Wikipedia et http://bokmenntahatid.is/hiromi-kawakami-2/










IZA, le 29 août 2017