dimanche 20 novembre 2016

La Louvière


Ecomusée du Bois-du-Luc


Date : le 16 novembre 2016

L'Ecomusée du Bois-du-Luc se situe à La Louvière, près de Mons en Belgique. C'est un musée étonnant, car vous vous attendez à une visite conventionnelle, c'est-à-dire une succession de pièces où sont exposés des objets de la vie quotidienne des mineurs et autres choses de ce genre. En fait, c'est tout le site minier que l'on vous propose de découvrir, autant dire que l'immersion est totale. Vous vous promenez dans les rues du site avec votre audioguide, c'est plutôt amusant en fin de compte. Je vous y emmène ? Suivez-moi, je vous explique tout (ou presque!).
En France, on appelle « corons » les logements des mineurs. Ce sont de petits logements collés les uns aux autres ou parfois par groupes de deux, séparés par une petite cour. Les logements sont proches de la mine. En Belgique, on les nomme : des « carrés ». Ici, ils sont au nombre de quatre : deux ont une forme rectangulaire et les deux autres ont une forme trapézoïdale. Les maisonnettes sont collées les unes aux autres, comme certains corons par chez nous, comme je viens de le dire. Bien souvent, dans ces logements minuscules, il n'était pas rare que 3 générations cohabitent et certaines maisonnettes pouvaient compter jusqu'à 17 personnes ! (Pour l'intimité, vous repasserez!!)
    
Les carrés.
La visite commence par la salle de paie, puis le bureau du directeur de la mine. Au-dessus de la porte de son bureau, un miroir occupant toute la largeur de la porte est installé, de sorte que le directeur pouvait connaître l'identité de ses visiteurs avant même que ceux-ci ne pénètrent dans son bureau. De même, deux imposants miroirs sont disposés de part et d'autre de son bureau pour servir le même but. C'était de la vidéosurveillance avant l'heure en quelque sorte !

Bureau du directeur.

Bureau du directeur. On distingue l'un des deux miroirs à gauche du bureau.


La visite se poursuit en extérieur et votre audioguide vous mène devant la maison du directeur : une bâtisse imposante pour impressionner et surtout un balcon stratégique, d'où le directeur avait une vue imprenable sur les carrés. Impossible d'échapper à son contrôle, c'était une organisation extrêmement paternaliste !


La maison du directeur.

Vue sur les carrés depuis la maison du directeur.


Nous sortons du parc qui entoure la maison du directeur et nous arrivons au carrefour des carrés. Nous sommes au cœur de la cité minière. Chaque rue porte un nom de point cardinal selon l'orientation de celle-ci : Rue du Levant, Rue du Couchant, Rue du Nord et Rue du Midi. Là, se trouvent l'épicerie, la salle des fêtes, puis plus loin le kiosque dans le parc du Quinconce pour les jours de fête. Le parc est ainsi nommé tout simplement parce que les arbres sont disposés en quinconce.


La salle des fêtes.
L'épicerie.


Le kiosque dans le parc du Quinconce.


Retour sur le site du musée proprement dit. Nous passons aux choses sérieuses ! Un guide (en chair et en os, cette fois!) vient compléter l'audioguide et nous emmène au rez-de-chaussée du puits d'extraction de la fosse Saint-Emmanuel.

Fosse Saint-Emmanuel.
Mineurs.

Nous passons devant la lampisterie. Chaque mineur descendait au fond avec sa lampe. On leur donnait une médaille en échange de leur lampe, médaille qu'ils récupéraient à chaque fois qu'ils remontaient. Ce système permettait de savoir si certains mineurs étaient restés au fond, ainsi que leur identité.

La lampisterie.
La fin de la visite est proche. Nous traversons la salle des douches des hommes, puis la salle des enfants et la salle de douche des femmes. La salle des enfants a plus particulièrement attiré mon attention, car les murs sont tapissés non seulement de photos de très jeunes mineurs, mais également de photos d'enfants à travers le monde et à toutes les époques pour dénoncer le travail des enfants. C'est le cœur serré que vous visitez cette pièce. Sur la photo ci-dessous, le plus jeune n'est âgé que de cinq ans. Il est au premier rang, en bas, le second à partir de la gauche. Pauvre petit bonhomme ! (Pensez à cela à chaque fois que vous achetez un nouveau téléphone…) 

Groupe de mineurs.

Nous terminons par la salle du ventilateur. Le ventilateur est immense et essentiel et pour cause : son rôle était de ventiler les galeries creusées par les hommes.

 
Salle du ventilateur.

Nous voilà arrivés au terme de la visite. Je n'ai pas tout passé en revue, car cela prendrait beaucoup trop de temps. De même, je n'ai pas mis toutes les photos que j'ai prises. La visite dure au minimum deux heures !
Parmi mes proches ascendants, il n'y a pas de mineurs de fond, mais étant originaire du Nord de la France, cette visite a forcément une résonance toute particulière pour moi, car la mine fait partie intégrante du patrimoine culturel de ma chère région. Nous partageons ce patrimoine avec la Belgique (entre autres, bien sûr!) et comme j'adore la Belgique, c'est avec grand plaisir que j'ai découvert cette cité minière. Est-il besoin de rappeler le grand sens de l'accueil des Belges ? Les guides sont souriants et d'une disponibilité exemplaire.
Je vous laisse avec une photo de Sainte-Barbe, la sainte patronne des mineurs…

 
 … et je vous retrouve prochainement avec un article sur un drama ! (^^)



IZA, le 20 novembre 2016














lundi 31 octobre 2016

Full Monty - Le Grand Jeu

Hot Stuff !


Titre original : The Full Monty
Année : 1997
Réalisation, Scénario, etc. : Peter Cattaneo, Simon Beaufoy
Musiques : Anne Dudley
Durée : 91 minutes
Pays : Royaume-Uni
Genre : Comédie

Avec : Robert Carlyle = Gary « Gaz » Scofield
Tom Wilkinson = Gerald Cooper
Mark Addy = David « Dave » Orsfall
William Snape = Nathan Scofield
Steve Huison = Lomper
Paul Barber = Michel « Horse » Barrington
Hugo Speer = Guy
Lesley Sharp = Jean Orsfall
Emily Woof = Mandy
Deirdre Costello = Linda Cooper

Le début :

Gary (« Gaz ») est l'une des victimes de la crise qui a frappé l'industrie sidérurgique à Sheffield (« Steel City ») dans les années 1980. Après avoir travaillé pendant dix ans à l'usine, il est au chômage depuis la fermeture de celle-ci. Sa femme l'a quitté et il fait de son mieux pour pouvoir continuer de voir son fils, Nathan. Son souci est de gagner de l'argent, mais comment ?
L'arrivée d'un groupe de strip-teaseurs en ville lui donne une idée (géniale?) : il veut lui aussi monter son propre groupe et avec l'aide de son ami Dave, il organise une audition pour recruter les membres de son futur groupe : les « Hot Metal »… tout un programme !


Mes impressions :

Gaz, c'est le genre de type, vous lui dites : « Fais pas ça, Gaz ! » ou bien : « T'as pas le droit de faire ça, Gaz ! », eh bien le Gaz, il fonce tête baissée avec ses petites combines et surtout ses plans foireux. Même son fils en a marre et lui demande au bout de trois minutes de film : « On ne pourrait pas faire des trucs normaux de temps en temps ? ». C'est simple, Gaz c'est un enfant terrible, il est rock' n' roll ! Il ose tout, ne doute de rien et surtout pas de lui-même. Son moteur, c'est son fils, qu'il adore d'une manière maladroite, mais il est comme ça et c'est pour Nathan qu'il se lance ce défi improbable. Donc, malgré le côté sulfureux du personnage – il a même fait de la prison – le spectateur se prend d'affection pour lui, c'est quasi-inévitable ! Comme en plus, il est campé par Robert Carlyle, que demande le peuple ? 


Pour l'accompagner dans ses aventures rocambolesques, Gaz peut compter sur son ami Dave (Mark Addy). Dave est au chômage, tout comme Gaz. Ils se retrouvent régulièrement au Job Centre (c'est-à-dire le Pôle Emploi chez nos amis d'Outre-Manche). Dave n'a pas trop le moral. Son couple traverse une mauvaise passe à la fois parce qu'il est sans emploi et aussi parce qu'il a un petit souci intime.


Au Job Centre, les deux compères croisent régulièrement Gerald (Tom Wilkinson), le plus distingué de tous. Ils prennent un malin plaisir à le faire tourner en bourrique, il leur arrive même de pousser la plaisanterie trop loin mais au final, Gerald ne se démonte pas. Il faut dire aussi qu'il a un problème qui le préoccupe tout autrement : cela fait 6 mois qu'il cache à son épouse Linda (Deirdre Costello) le fait qu'il soit au chômage. Il a décidé de se débrouiller pour ne pas changer leur train de vie, mais ce système commence à avoir ses limites. Pire : Linda le tanne pour passer des vacances au ski !
Il y met tout son cœur (et sa patience!) lorsqu'il s'agit de s'improviser professeur de danse pour ses collègues… et il n'est pas au bout de ses peines car 'y a du boulot ! 


A part ça, nous avons aussi Lomper (Steve Huison). La vie n'est pas rose non plus pour lui. Il est las de se débattre pour mener une vie qui semble ennuyeuse au possible.


Pour compléter le tableau, voici Michel (Paul Barber), que tout le monde surnomme « Horse » et je vous laisse le soin de découvrir pourquoi… :-D Bref, retenez que Michel est surtout un excellent danseur ! Il est recruté lors de l'audition organisée par Gaz.


Egalement recruté lors de cette fameuse audition, Guy (Hugo Speer), à l'opposé de Michel, ne sait absolument pas danser, mais… comment dire… il a… oh ben, c'est Jacques Dutronc qui va se charger de vous dire ce qu'il a comme atout ! Guy a :

Source photo : Internet.

Pas besoin de faire un dessin… Bref, on ne sait rien sur lui, il n'a d'ailleurs pas beaucoup de répliques, mais sa présence, pour plein de raisons, est un plus, mais je ne peux pas vous dire pourquoi sous peine de spoiler !


Ce film n'est pas un Ken Loach, mais il y a tout de même une réalité sociale pas très réjouissante. Le chômage a sévèrement touché Sheffield, autrefois ville prospère, comme nous le montrent les toutes premières images du film. A présent, les friches industrielles sont le décor de cette ville qui n'est plus du tout attractive. Difficile de trouver un emploi, il faut trouver des combines pour essayer de s'en sortir. Le chômage a des conséquences dans les foyers : divorce, moral en berne, etc. A cela, il faut ajouter les petits drames personnels de chacun qui ont – ou pas – un rapport avec cette crise économique.


Et pourtant…
Et pourtant, j'ai passé 1h30 à me bidonner. On a affaire à une comédie jouissive, emmenée par des acteurs au talent monstrueux. Ils campent des personnages intéressants, des bras cassés attachants. Ils ont accepté un défi et mettent tout en œuvre pour y arriver. On les aime parce qu'ils ont un petit grain de folie et parce qu'aucun d'entre eux n'a le physique de l'emploi. Je ne me moque pas d'eux, bien au contraire ! Il faut oser le faire, tout Sheffield (leur ville!!) va les voir ! Et c'est en partie pour cela que l'on adhère : vont-ils aller jusqu'au bout ? Quelles seront leurs péripéties ? Même si l'on se doute de l'issue, on regarde jusqu'au bout.
Le challenge étant d'arriver à se désaper en dansant, il y a pas mal de musique et cela donne un petit côté comédie musicale à l'ensemble… et il y a même un clin d’œil très drôle au film Flashdance.

En conclusion :

Voilà typiquement le genre de film que j'adore : un véritable « feel-good film ». Regardez cette petite pépite si vous ne l'avez jamais vue et regardez-la encore une fois si vous l'avez déjà vue : même si le plaisir de la découverte n'est plus là, je vous garantis 90 minutes de pur bonheur ! J'ai vu ce film plusieurs fois et je viens encore de le revoir avec un plaisir intact. (J'espère que vous avez bien ressenti mon enthousiasme tout au long de cet article… ^^)










IZA, le 31 octobre 2016


lundi 19 septembre 2016

Hollain

La Pierre Brunehaut



Date : le 10 septembre 2016

Flanquée de quatre peupliers d'Italie, la Pierre Brunehaut domine un paysage de plaine. Elle se trouve en Wallonie, plus précisément à Hollain, une section de la commune de Brunehaut, à quelques kilomètres de la frontière franco-belge.
La Pierre Brunehaut est un mégalithe datant du néolithique récent (2500 av J. C.). C'est le plus grand mégalithe dressé de Belgique. Elle mesure 6,25 mètres de haut, dont 2 mètres enfoncés dans le sol. Elle pèserait 23 tonnes.

 

C'est une pierre énigmatique qui suscite de nombreuses questions quant à son origine et sa fonction : est-ce une coïncidence si la pointe indique le nord ? Avait-elle une fonction astronomique ? Etc. De nombreuses légendes existent à son propos.


L'endroit est idéal pour faire de grandes randonnées. En fonction de la visibilité et de l'époque de l'année, il est possible de distinguer les clochers des églises des villages environnants, ainsi que la cathédrale de Tournai (Belgique) et l'abbatiale de Saint-Amand-les-Eaux (France).




IZA, le 19 septembre 2016