Œil
de chat VS œil de dragon
Titre
original :
キャッツ♥アイ
Année :
1997
Réalisation,
Scénario, etc. :
Kaizo Hayashi, Tokio Tsuchiya
Musiques :
Miina Co.
Durée :
91 minutes
Pays :
Japon
Genre :
Comédie
dramatique,
adaptation
du manga éponyme de Tsukasa
Hojo
Avec :
Yuki Uchida = Ai Kisugi (Fr : Alex Chamade)
Norika
Fujiwara = Rui Kisugi (Fr : Cylia Chamade)
Izumi
Inamori = Hitomi Kisugi (Fr : Tam Chamade)
Kenta
Harada = Toshio Utsumi (Fr : inspecteur Quentin Chapuis)
Naoko
Yamazaki = Mitsuko Asatani (Fr : inspectrice Odile Asaya)
Wen-Li
Jiang = Mademoiselle Wang
Le
début
:
Trois
sœurs – Ai, Rui et Hitomi – sont gérantes d’un café nommé
le « Cat’s Eye ». La nuit, il leur arrive de mener une
double vie : elles commettent des vols en série d’objets
d’art. Elles ont la particularité de toujours annoncer le jour et
l’heure de leurs vols, mais elles ne se sont jamais fait prendre.
Elles se font appeler… « Cat’s Eye », ce qui n’a
jamais choqué personne, mais c’est une autre histoire.
Il
ne faut pas se méprendre sur l’objet de cette activité illicite :
les sœurs Kisugi ne volent ni au hasard, ni pour le plaisir de faire
tourner la Police en bourrique. Elles ne volent que des œuvres en
lien avec leur artiste de père qui a disparu. Persuadées que
celui-ci est encore en vie, elles pensent que le fait de réunir les
œuvres et les objets de leur père les aidera à le retrouver.
L’inspecteur
Utsumi tient absolument à arrêter lui-même les voleuses masquées
et il est obsédé par cette affaire au point de vouloir démissionner
s’il échoue encore une fois. Interpol envoie l’inspectrice
Asatani pour l’aider à les démasquer, mais cela n’arrange pas
les affaires de notre inspecteur car la jeune femme veut avant tout
se servir de Cat’s Eye pour stopper les activités d’une
organisation criminelle chinoise.
Pour
corser un peu plus les choses, l’une des trois voleuses est en
couple avec l’inspecteur Utsumi, mais celui-ci ignore que sa petite
amie est une voleuse ! Il lui fait même la promesse de quitter
la police et de l’épouser… mais pas avant d’avoir arrêté
Cat’s Eye !
Mes
impressions :
Cette
adaptation date de 1997 et oh la la, ça se ressent ! Qu’est-ce
que ça a vieilli, mes enfants ! Cela ne veut pas dire pour
autant que nous ayons affaire à une grosse bouse. Il y a plein de
bonnes surprises, à commencer par ce petit clin d’œil à l’œuvre
originale et son adaptation en dessin animé : les premières
images du film sont elles-mêmes un dessin animé !
Seconde
bonne surprise : ils ont eu la bonne idée de reprendre l’un
des génériques de l’adaptation en dessin animé de l’époque,
en l’ayant un peu modernisé. Souvenirs, souvenirs ! (^^) Ce
générique (« Mysterious Girl ») est interprété par la
jolie ANRI.
Je trouve que cette chanson n’a pas pris une ride, mais je suis
tellement fan que je ne suis pas sûre d’être bien objective !
![]() |
ANRI
en 1983. (Source : https://www.youtube.com/watch?v=xyI6cR8oD_8)
|
Quoi
qu’il en soit, c’est un bien sympathique hommage à Tsukasa
Hojo,
qui est donc à l’origine du manga éponyme. J’adore ce mangaka,
je suis fan de son style et – petite confidence – quand j’étais
plus jeune, je ne loupais pas un seul épisode du dessin animé,
j’étais en adoration et en admiration devant ces super nanas.
Chacune a sa particularité et on la retrouve plutôt bien dans le
film : l’aînée se prénomme Rui (Norika
Fujiwara),
c’est un peu la tête pensante de la bande et celle qui organise
leurs virées nocturnes dans les musées et autres lieux où se
trouvent leurs cibles.
Ensuite,
toujours dans l’ordre des naissances, nous avons Hitomi (Izumi
Inamori).
Elle se charge d’étudier les plans des lieux où se trouvent les
objets à voler et elle est également chargée de soutirer des
renseignements à son chéri. Effectivement, Hitomi est amoureuse de
Toshio Utsumi (Kenta
Harada),
inspecteur de son état. Il est persévérant et il a le sens de
l’honneur et du devoir, mais il manque cruellement de bon sens.
C’est précisément lui qui se charge de l’affaire Cat’s Eye,
ce qui complique considérablement les choses pour Hitomi. En effet,
Toshio ignore la double vie de sa petite amie.
Enfin,
la benjamine est Ai (Yuki
Uchida).
C’est la petite bricoleuse de la famille, toujours en train de
construire des gadgets à la fois drôles et déments qui s’avèrent
bien utiles pour semer la zizanie au sein des troupes de la Brigade
de Répression du Banditisme.
Nous
avons affaire à un action-movie, donc ça doit déménager niveau…
action, justement. Alors là, j’ai quelques réserves à émettre.
Je n’ai pas du tout aimé la course poursuite au début du film, au
point que ça a failli être rédhibitoire. Cette scène est super
mal foutue : on dirait que tout le monde roule à 10 km/h, les
voleuses comme la BRB. Ce qui n’arrange pas les choses, c’est que
les trucages et autres effets spéciaux ne sont pas glorieux non
plus. Bon… on dira que ça fait partie de l’aspect pittoresque du
tout ?
Les
scènes de baston laissent un peu à désirer. Je n’ai pas pu
m’empêcher de penser à Bruce Lee en train de dire l’une de ses
fameuses répliques :
C’est
la fête du latex ! :D
Je
terminerai par un mot sur le scénario. L’inspecteur Utsumi a, in
fine, un rôle secondaire et du coup, le dilemme de Hitomi passe
également au second plan. Dans le manga, cette relation très
compliquée est davantage mise en exergue. Pour ceux qui connaissent
un peu l’histoire, cela peut paraître tout bonnement étrange et
surtout sous-exploité. Il est vrai qu’il faut condenser plusieurs
volumes en 90 minutes et ce n’est pas simple, mais c’est tout de
même ce qui met tout le piment dans l’histoire : la voleuse
amoureuse d’un inspecteur qui ignore sa double vie et qui a juré
d’arrêter la voleuse / petite amie pour pouvoir convoler en justes
noces !
Pire :
ils nous ont mis une espèce d’intrigue secondaire / embryon de
romance au rabais à 2€50, complètement bidon et ennuyeuse au
possible et, le comble, qui n’apporte aucun suspens et surtout
aucun intérêt à l’intrigue.
La
raison pour laquelle l’histoire de Hitomi et Toshio est laissée de
côté réside certainement dans le fait que le choix de l’intrigue
s’est porté sur l’autre enjeu important de l’histoire de la
famille Kisugi : le père des jeunes femmes est-il toujours en
vie ? Si oui, où est-il ? Qu’est-il devenu ? Pour
chacune de ces questions, une réponse est donnée. Malheureusement
pour moi, je n’ai pas du tout aimé la tournure qu’ont pris les
choses et le choix de conclusion de cette histoire.
Je
voudrais tout de même terminer sur une note positive avant de passer
à la conclusion : dans l’œuvre originale, l’inspectrice
Mitsuko Asatani est très perspicace, à l’inverse de notre pauvre
Toshio, et ce trait de caractère est très bien utilisé dans le
film. Qui plus est, Naoko
Yamazaki
(l’actrice, pas l’astronaute, ah ! ah ! ah
!) qui lui
prête ses traits est vraiment convaincante, ce qui ne gâche rien !
En
conclusion :
Le
dessin animé (et, si je ne m’abuse, le manga qui est à l’origine
de cette adaptation) se terminaient en queue de poisson. Cette
adaptation apporte une conclusion possible, avec tous les risques que
cela comprend. Je ne fais pas partie de ceux qui sont satisfaits de
cette conclusion.
Néanmoins,
ce fut une surprise agréable de voir un manga et un dessin animé
que j’adore transposés en film. Est-il important de souligner
qu’il faille le regarder au second degré pour l’apprécier ?
Cat’s
Eye
« ze mouvie » est le parfait exemple que l’adaptation
d’un manga en film peut être éminemment casse-gueule. A réserver
soit aux fans de l’œuvre originale pour rigoler un bon coup, soit
aux amateurs éclairés du kitsch dans toute sa splendeur.
IZA,
le
13
février 2017