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mardi 9 août 2022

Kyo Mo Yagarase Bento

Bento et rébellion

 Titre original: 今日も嫌がらせ弁当

Année: 2019

Réalisation, Scénario, etc. : Renpei Tsukamoto

Musiques: Yuri Habuka

Durée: 106 minutes 

Pays: Japon

Genre: Comédie dramatique

Avec: 

Ryoko Shinohara = Kaori Mochimaru

Kyoko Yoshine = Futaba Mochimaru

Rena Matsui = Wakaba Mochimaru

Kanta Sato = Tatsuo Yamachita

Ryuta Sato = Shinsuke

Yoshinori Okada = Jiro Marushima

...

 ***

J'avais envie de regarder un film japonais. J'ai d'abord été séduite par l'affiche: Ryoko Shinohara, l'air revanchard et déterminé avec sa poêle à frire. Cerise sur le gâteau, ça promettait de parler de nourriture, alors il ne m'en a pas fallu davantage pour me lancer. Je n'ai pas été déçue du voyage !

***

Le début:

Kaori est veuve depuis une dizaine d'années. Elle a élevé ses deux filles seule. Wakaba, l'aînée, a quitté le foyer. Futaba, la cadette, entre au lycée et est en pleine phase de rébellion: elle ignore complètement Kaori, ne lui adresse pas la parole, etc. Loin de se démonter, Kaori trouve une façon originale et amusante de taquiner Futaba tout en espérant lui faire comprendre qu'elle doit changer d'attitude et la respecter: il lui vient l'idée de créer des bento originaux. Certains sont à l'effigie de personnages connus, d'autres sont porteurs de messages. Est-ce la bonne stratégie ?

Mes impressions:

Je vais commencer par vous parler du cadre, parce que ça vaut le détour. L'intrigue se déroule sur l'île volcanique de Hachijo, une merveille. J'aime beaucoup les paysages urbains, mais se mettre au vert de temps en temps, ça fait du bien



Les thèmes abordés tournent autour des relations familiales. Kaori (Ryoko Shinohara) travaille comme une damnée depuis qu'elle a perdu son époux dans un accident. Véritable mère courage, elle cumule plusieurs emplois pour maintenir sa famille à flot. Lorsque ses filles étaient petites, elles devaient se débrouiller seules, Kaori partait très tôt le matin et rentrait tard le soir, mais elle essayait de garder un lien avec ses filles, par exemple en leur écrivant des petits mots qu'elle laissait le matin près de Wakaba (Rena Matsui) et Futaba (Kyoko Yoshine) encore endormies. Elle n'a rien à se reprocher, mais c'est comme si Futaba voulait lui faire payer cette absence. L'enjeu est donc de renouer le dialogue.

Ceci m'amène à évoquer un autre thème: la relation mère/fille à l'âge délicat de l'adolescence, des premiers émois, de la décision d'orientation, du sens à donner à sa vie et de la difficulté à communiquer. Le film nous montre tout cela de manière intelligente, parfois amusante et parfois aussi touchante. J'ai ri à plusieurs reprises et j'ai aussi versé ma petite larme, parce qu'on a forcément un petit pincement au coeur à un moment ou à un autre, que ce soit pour Kaori ou pour Futaba.

Le film démontre en outre la difficulté que représente l'éducation d'un ou de plusieurs enfants lorsque l'un des parents n'est plus là. Et là, je peux vous dire qu'une fois encore, le film est bien fait à ce niveau-là, car malheureusement je sais par expérience que ce n'est facile ni pour le parent, ni pour l'enfant. L'enfant ne s'en rend pas compte à l'adolescence et tout le monde vit des heures difficiles à cause de cela. Kaori n'est pas un cas isolé, bien sûr ! Une intrigue secondaire nous montre Shinsuke (Ryuta Sato) aux prises avec son petit garçon qui traverse également une phase rebelle.

Le caractère de Kaori est tout un poème. Elle ne baisse jamais les bras et s'échine à trouver des idées pour ses bento. Elle est drôle, émouvante, adorable. Comment ne pas aimer ce personnage finement interprété par Ryoko Shinohara ! Mais tout le monde joue bien sa partition dans ce film, aucune fausse note !

L'intrigue est bien ficelée et bien rythmée. Il y a des petites surprises scénaristiques, deux parties distinctes et puis surtout, le film ne s'est pas terminé comme je l'attendais. Je veux dire par là que j'ai été agréablement surprise.

Tout est finement mené jusqu'au générique: il est beau et amusant. A propos, il faut absolument regarder le générique jusqu'à la fin !

En conclusion:

J'ai regardé ce film un dimanche en fin de journée. Or, sachez que je déteste le dimanche depuis toujours, surtout à partir de la seconde moitié de l'après-midi. Grâce à ce film, j'ai passé ce cap difficile avec moins d'amertume. Je vous recommande Kyo Mo Yagarase Bento, bien sûr !


 IZA, le 9 août 2022












vendredi 30 avril 2021

Waters

 

Blanche-Neige et les sept hôtes

(... et accessoirement: Happy Bloganniv' to me !)

Titre original: ウォーターズ

Année: 2006

Réalisation, Scénario, etc. : Ryo Nishimura, Shunpei Okada, Takuro Shiraishi, Takuro Fukuda

Musiques: ?

Durée: 110 minutes

Pays: Japon

Genre: Comédie dramatique

Avec: Shun Oguri =Ryohei

Toshinobu Matsuo = Naoto

Takamasa Suga = Yuki

Shingo Katsurayama = Shintaro

Yusuke Kirishima = Masahiko

Hiroyuki Hirayama = Teppei

Ryoji Morimoto = Kenta

Riko Narumi = Chika

Le début:

Ils étaient: artiste de rue, businessman, banquier, chef cuistot, décorateur d'intérieur (marié et père de famille, qui plus est) et joueurs de basket. Ils sont tous au creux de la vague et n'ont pas d'autre choix que celui de devenir "hosto" pour subvenir à leurs besoins, car ce travail paie bien. Tous ont été recrutés pour ce petit talent qui leur vient de leur ancienne activité professionnelle et qui pourra être exploité à nouveau, et tous autant qu'ils sont se sont merveilleusement faits rouler dans la farine.

Où est l'arnaque? Lors de leur entretien d'embauche, on leur a dit qu'ils devaient payer une sorte de caution s'ils voulaient le poste (et le montant de la caution est conséquent !). Ce n'est pas la seule mauvaise surprise: en arrivant sur les lieux de leur nouveau travail, le propriétaire du bar leur apprend que le manager s'est cassé avec l'oseille...

Chika, la petite fille du propriétaire, suggère alors que les septs garçons deviennent les patrons de ce nouveau club. Et vous savez quoi? Ils ne sont même pas au bout de leurs surprises et surtout de leurs peines... Bienvenue au "Dog Days" !

Mes impressions:

Eh bien voilà, nous y sommes, c'était en avril 2011. Le 17, pour être précis: Iza-ware souffle ses dix bougies !

Dix ans, mes enfants !

Pour fêter l'événement, je me paie une soirée avec sept hôtes... enfin, cette soirée ne va pas me coûter trop cher, ça va !

 ***

J'ai déjà vu ce film il y a très longtemps. J'en avais gardé un très bon souvenir, alors pour fêter les dix ans du blog, j'ai joué la carte de la nostalgie: me faire plaisir avec une valeur sûre.

J'avais oublié pas mal de détails et donc ce fut une redécouverte. Et elle fut plaisante, cette redécouverte.

Pour servir la comédie, tous les codes des bars à hôtes sont détournés. Pour commencer, les photos qui présentent les hôtes et qui sont sensées faire envie vont du ridicule à l'effrayant. Ensuite, les déformations professionnelles de nos garçons refont surface et s'expriment aux moments les moins opportuns. Nous pouvons également retenir que leurs caractères et leur manque flagrant d'expérience participent également de la veine comique: nous avons l'hôte complètement mal à l'aise et  timoré, celui qui - de par son passé de sportif - ne boit pas d'alcool, le cuisinier qui ne supporte pas que l'alcool commandé par la cliente ne soit pas bien accordé avec son choix de repas.

Les clientes, qui sont pour leur part des habituées de ce genre d'endroit, s'ennuient très vite et c'est à la fois stressant et jubilatoire d'assister à une telle scène, car on se demande comment et quand cette situation va dégénérer pour de bon.

Autre élément qui vient servir la comédie: la déco, qui est d'un mauvais goût absolu mêlé à du kitsch de seconde zone. Une vraie caricature du kitsch. Le bar ne ressemble même pas à un bouge, non, non. C'est juste que l'on a l'impression qu'ils se sont appliqués à essayer de faire cohabiter tout ce qui n'est pas destiné à cohabiter en temps normal: une armure, une Vénus de Milo en plastique, des décos de Noël pas très fraîches, bref: il ne manque plus que quelques boules à neige Tour Eiffel pour parfaire le tout... un carnage, vous dis-je !

Ce film n'est pas que succession de gags, situations embarrassantes ou rocambolesques, ce serait très réducteur de dire cela. Si tous ces garçons se retrouvent là, ce n'est pas par gaieté de coeur et les lendemains qui chantent... ben, ils déchantent ! Le "Dog Days" et sa déco douteuse font partie du réseau métaphorique: ils sont à l'image de ces garçons mal assortis, en décalage par rapport à cette situation. Ils n'ont rien à faire là et détonnent dans cet endroit. Heureusement, la déco va changer !!

L'intrigue est jubilatoire. La fin est complètement dingue. On a l'impression de se retrouver tour à tour entre le rêve et le cauchemar ou dans un genre de conte moderne, il est d'ailleurs fait mention à plusieurs reprises de Cendrillon ou de Blanche-Neige. Chika se compare volontiers à Blanche-Neige (et ses 7 hôtes). D'ailleurs, Chika et son papi, je n'en parle pas à dessein. Il faut les découvrir par vous-mêmes, ces deux-là ! Je vais simplement vous dire que c'est Riko Narumi qui prête ses traits à Chika et elle a le chic pour incarner des rôles complètement frappadingues et je l'adore pour ça ! J'avais oublié qu'elle jouait dans ce film, mais quelle joie de la retrouver, vraiment !

La météo a également son importance dans ce film. Quand il fait soleil, tout va bien, mais il y a parfois des typhons. Alors, il faut se serrer les coudes. Oui, se serrer les coudes, car dans les thématiques principales, nous avons bien entendu l'amitié. Et il y a aussi de l'amour...

En conclusion:

Quel plaisir de retrouver cette joyeuse bande ! Ce fut une agréable soirée placée sous le signe de la nostalgie.

***

Nous n'allons pas nous cantonner à cela en termes de festivités, rassurez-vous!

J'ai prévu des jeux au mois de mai, conformément au résultat du sondage que j'ai lancé il y a plusieurs semaines de cela sur "Cui-cui" et vous avez majoritairement voté pour un article et des jeux. Je finis toujours par tenir mes promesses (même si des fois il faut patienter, c'est vrai !), alors on va s'amuser en mai, que diantre !!

Je terminerai en vous remerciant d'être encore là au bout de dix ans. Je n'ai rien vu passer ! En tout cas, le plaisir est intact.

Merci mille fois !!


IZA, le 30 avril 2021
















mercredi 31 mars 2021

This is not what I expected

 

 Je vais au restaurant par procuration !



Titre original: 喜欢你

Année: 2017

Réalisation, Scénario, etc. : Derek Hui

Musiques: ?

Durée: 106 minutes

Pays: Chine

Adaptation du roman de Lan Bai Se intitulé 终于等到你 (Finally I get you)

Genre: Comédie romantique

Avec: Takeshi Kaneshiro = Jin Lu

Dong Yu Zhou = Sheng Nan Gu

Sean Sun = Xiao Meng

Tony Yang = Zi Qian Cheng

Le Bull Terrier = Lao Ban (Patron)

Le début:

Sheng Nan est en train de s'employer à rayer copieusement et avec application la voiture du goujat qui vient de laisser tomber son amie. Elle n'est pas du genre à abandonner les copines et il faut la voir y mettre du coeur à l'ouvrage, sauf que... ah mince, ce n'est pas la bonne voiture ! Vous l'avez compris: Sheng Nan, c'est un peu la dauphine de la Reine de Poisseland. (Oui, parce que la Reine, c'est moi !)

En effet, ce véhicule appartient à un certain Jin, le genre businessman TRES difficile en affaires en costard-cravate-tiré-à-quatre-épingles-et-le-brushing-impeccable. Jin est à la tête de tout plein, tout plein, tout plein d'hôtels qui coûtent très cher. En d'autres termes, Sheng Nan vient de commettre une très grosse boulette.

Et comme si ce n'était pas suffisant, histoire de pimenter un peu plus l'intrigue, Jin est précisément en route vers l'hôtel où travaille notre sympathique Sheng Nan, chef en cuisine de son état, en vue d'un éventuel rachat. Une drôle de joute culinaire s'engage... 

Mes impressions:

Il s'agit d'un film qui fait la part belle à la cuisine, donc on ne lésine pas sur les bruits de cuisson amplifiés, les gros plans sur les ingrédients, la grande histoire ou la petite anecdote concernant telle ou telle recette, les ralentis sur la tomate qui va bientôt être tranchée ou la fourchette qui vient mourir dans la bouche grande ouverte, les yeux mi-clos ou fermés qui traduisent la jouissance du moment, sans oublier la petite larme qui coule à la fin - toujours au ralenti - sur la joue et les yeux quasi exhorbités qui témoignent de cette expérience culinaire orgasmique. Oui, orgasmique. Bref, si t'as faim, ne regarde pas ce film tout de suite. Mange et reviens, sinon tu vas crever !

Il s'agit de la sempiternelle histoire du Prince Charmant très riche et puissant qui s'entiche de la bergère, sauf que cette fois, ça se passe dans la cuisine d'un grand hôtel à Shanghai et non pas au milieu des bois avec un château à l'arrière-plan. Je veux dire par là que la fin est prévisible et on le sait dès le départ, mais on passe tout de même un bon moment car c'est distrayant et il y a quelques trouvailles intéressantes au niveau de la réalisation.


Bon, j'avoue, il y a juste un genre de twist qui vient gâcher un peu l'ensemble et qui amène une incohérence par rapport aux standards du protagoniste, mais ce bémol n'est pas bien méchant et l'impression globale de ce film reste vraiment très positive. C'est une comédie romantique réussie, avec un bon dosage de comédie et de romantique.


J'ai eu l'occasion de retrouver (même que ça n'était pas fait exprès, je le jure !) Takeshi Kaneshiro qui incarne donc le protagoniste, le faux méchant par excellence. Je l'ai découvert très récemment et je n'avais pas choisi ce film en raison du casting. C'est la bouffe qui m'y a amenée.

Pour lui donner la réplique, nous avons Dong Yu Zhou qui prête ses traits à Sheng Nan, un personnage que j'ai immédiatement beaucoup aimé. Sheng Nan est naturelle, entière, généreuse, et sa cuisine le reflète bien. Elle a plutôt la poisse dans la vie, y compris en amour. Est-ce que ça va durer ?  

En conclusion:

This is not what I expected divertit et fait saliver. Même les nouilles instantanées ont l'air divinement exquises, c'est dire ! Moi qui avais jusqu'à présent vu des séries et films japonais qui traitent de la nourriture (Osen, Kui-Tan, Food Fight, je ne cite qu'eux, mais il y en a tant d'autres !!), je me rends compte qu'en Chine aussi, on sait vraiment mettre la nourriture à l'honneur.

Je vous recommande ce film et je le range résolument dans ma petite catégorie de feel-good films !



IZA, le 31 mars 2021













dimanche 28 février 2021

Lavender

 Des anges et des hommes




Titre original: 薰衣草

Année: 2000

Réalisation, Scénario, etc. : Riley Yip Kam-Hung

Musiques: Ronald Ng Luk-Sing

Durée: 102 minutes

Pays: Hong Kong

Genre: Comédie dramatique

Avec: Kelly Chen = Athena Chen

Takeshi Kaneshiro = Angel

Eason Chan = Chow Chow

Le début:

Par une nuit de forte tempête, Athena (Kelly Chen) découvre un ange blessé (Takeshi Kaneshiro) sur sa terrasse. D'abord épouvantée à la vue de cette créature, elle finit néanmoins par accepter qu'il reste chez elle jusqu'à ce qu'il soit rétabli, mais elle ne le fait pas par charité: il doit contribuer aux tâches ménagères et lui servir d'assistant au travail.

Elle souhaite également qu'il emporte quelque chose avec lui au Paradis lorsqu'il sera en mesure de voler à nouveau...  

Mes impressions:

Je viens donc de regarder Lavender dont le résumé attisait ma curiosité. Ce film a reçu plusieurs récompenses (méritées) lors du Hong Kong Film Award en 2001. L'intrigue promettait une rencontre entre deux univers qui n'ont rien en commun, le tout teinté de fantastique. Intéressant, tout ça... 

En effet, le contraste est frappant et c'est d'ailleurs tout l'intérêt de ce film. Angel ne connaît pas les us et coutumes de ces drôles d'humains et s'émerveille tel un enfant et s'étonne de tout ce qu'il découvre. Etant un ange, il est toujours de bonne humeur (mais on imagine difficilement qu'un ange tire la tronche toute la journée) et comme il est plutôt bien fait de sa personne, il émoustille la gent féminine, mais il a aussi du succès auprès du voisin de palier d'Athena, un drôle de zigue dont j'aurai l'occasion de reparler un peu plus tard. La plastique d'Angel rend parfois le travail d'Athena un peu compliqué, vu qu'il lui arrive d'utiliser le corps d'Angel pour enseigner à ses clientes la science du massage aux huiles essentielles (on n'a pas idée non plus...)

C'est la candeur et la simplicité d'Angel qui le rend à la fois adorable et attachant. Le film ne bascule jamais dans le sirupeux et l'insupportable car il n'en fait jamais trop inutilement. Angel est un être qui débarque dans un lieu inconnu aux habitudes complètement différentes des siennes et il se prête volontiers aux plaisirs de la découverte et comme c'est un ange, il n'a pas la notion du Bien et du Mal et la mort ne le rend pas triste. L'amour étant sa seule nourriture (littéralement), Angel a des occupations nocturnes qu'il ne trouve pas choquantes, contrairement à Athena.

A l'opposé d'Angel, il y a donc Athena, une taiseuse qui a perdu un être cher et pour qui tous les jours se ressemblent tristement. Elle survit un peu en automate, fait les mêmes gestes tous les jours à la même heure et plus rien ne l'émerveille. Elle est froide comme un glaçon et, comme dit son voisin de palier, il y a des toiles d'araignée sur sa porte d'entrée.

Tout ce qui a pu avoir un jour quelque chose de joyeux dans son appartement est caché ou semble avoir disparu. L'intérieur des placards fait peur et le logement est rempli de flacons d'huiles essentielles qui, loin d'apaiser Athena, la rendent plus triste encore. Vu son chagrin, on peut imaginer qu'elle ne tienne plus vraiment à la vie. Pourtant, une chose ténue, un tout petit espoir, la retient encore, une chose qui pourtant lui cause beaucoup de peine. 

Son voisin de palier - Chow Chow (Eason Chan) - est un type qui s'avère drôle et très sympathique au cours du film. C'est grâce à lui qu'Angel en apprend beaucoup sur Athena. Chow Chow connaissait très bien l'être cher qui manque tant à Athena et souffre également de cette perte car c'était un ami d'enfance.

Les discussions qu'il a avec Angel persuadent ce dernier à vouloir aider Athena à retrouver le sourire et il va déployer des trésors de créativité pour tenter d'y parvenir.

Quant à Chow Chow, qui est plutôt une créature nocturne, il enseigne à Angel certains plaisirs de la vie la nuit... et d'autres choses encore que je vous laisse découvrir si j'ai réussi à vous convaincre de regarder ce film... des choses que l'on imagine inattendues, disons inhabituelles pour un ange, mais qui participent de la veine comique. Car oui, ce film est également drôle, voire très drôle.

La fin est tout à fait surprenante et très jolie. Une bonne surprise. Vraiment. 

En conclusion:

Lavender est à ranger dans le tiroir des bluettes atypiques, mais très agréables à regarder. Et même pourquoi pas plusieurs fois.





IZA, le 28 février 2021











dimanche 31 janvier 2021

Mohican Kokyo ni Kaeru

Le Dernier des Mohicans (désolée, c'était trop facile et trop tentant à faire... )


Titre original: モヒカン故郷に帰る

Année: 2016

Réalisation, Scénario, etc. : Shuichi Okita

Musiques: ?

Durée: 124 minutes

Pays: Japon

Genre: Comédie dramatique

Avec: Ryuhei Matsuda = Eikichi Tamura

Akira Emoto = Osamu Tamura

Atsuko Maeda = Yuka Aizawa

Masako Motai = Haruko Tamura

Yudai Chiba = Koji Tamura

Le début:

Eikichi (Ryuhei Matsuda) et son groupe de punk ne vont pas très fort et les petits boulots ne suffisent pas à subvenir à leurs besoins. Yuka (Atsuko Maeda), la compagne de Eikichi, est enceinte et Eikichi veut la présenter à sa famille. Il n'a pas revu les siens depuis plusieurs années. C'est le moment de quitter Tokyo pour un temps et de changer d'air.

De retour au bercail, les retrouvailles sont tendues, mais le père de Eikichi (Akira Emoto), qui est un bien curieux personnage, ne parvient pas à cacher bien longtemps sa joie de revoir son fils et d'apprendre qu'il va bientôt être grand-père. Il décide d'organiser une petite sauterie pour fêter tout ça. Malheureusement, dans la nuit, il fait un malaise...

Mes impressions:

Eh bien, ma foi, ça commence par un extrait de concert dans une salle survoltée avec un groupe qui envoie du bois. Ils ont même un thérémine, c'est de la haute voltige. D'ailleurs - pour les amateurs du genre - le morceau qu'ils envoient est loin d'être dégueu. A la réalisation, ils ont super bien retranscrit l'ambiance des petites salles de concert. Ah, ça me rappelle un super concert auquel j'ai assisté, dans un genre musical un peu différent, mais question ambiance: voilà, on y est. Tout ça pour dire que dès le départ, ils m'ont prise par la main avec leur film. La musique a beaucoup d'importance dans ce film, surtout dans les moments cruciaux... 

L'intrigue est à la fois tragique et banale. Nul n'échappe à son destin ! Mais vous voyez, dans la vie, finalement, il y a les optimistes et les pessimistes. Le père de Eikichi est réaliste. Néanmoins, il se place résolument du côté de ceux qui voient la bouteille à moitié pleine. Il sourit, il rit, il s'énerve, il aime, il profite. Il vit presque comme si de rien n'était. La scène où il dirige son orchestre de collégiens du toit de l'hôpital (qui fait face au collège, c'est vachement pratique... ) est mémorable. Toutes ces années passées loin de son fils l'avaient rendu triste et maintenant que ce dernier vient lui rendre visite - une visite qui va se prolonger - il est le plus heureux des pères, même s'il a ce côté un peu bourru, mais personne n'y croit: il est bon comme le bon pain !

Dans ce film, il n'y a aucun déchet, aucune scène inutile. Plusieurs scènes sont des petits moments de grâce, de pur bonheur, de joie, d'émotion et pour un peu, la scène où Eikichi dirige le petit orchestre et le fait jouer à sa manière aurait pu me faire chialer, mais j'ai tenu bon.

Et puis, c'est tellement bien joué, par tout le monde et surtout par Akira Emoto, qui joue le rôle du père et qui m'a bluffée tout au long du film. Il n'en fait jamais trop, mais personne ne surjoue inutilement, c'est beau, c'est léché et c'est même tellement drôle par moments, que voulez-vous? (pour ceux qui ont vu le film, que pensez-vous de "la course à la pizza" ? :D )

Enfin, je me rends compte que j'ai toujours beaucoup de joie à retrouver des séries ou des films nippons qui se passent ailleurs qu'à Tokyo. La campagne, les côtes, la montagne, c'est tellement beau...

En conclusion:

Bien plus qu'un film qui a vocation à distraire, c'est une véritable leçon de vie: profiter des gens que l'on aime, qui nous aiment et les accompagner, autant que faire se peut.

Sous peine de le regretter.

Quant tout est fini, c'est trop tard...

Sur ce, comme je ne l'ai pas encore fait sur Iza-ware, permettez-moi de vous présenter mes vœux les meilleurs pour 2021. Prenez soin de vous.

IZA, le 31 janvier 2021












samedi 31 octobre 2020

In the Hero

 

We can be heroes !

 

Titre original: イン・ザ・ヒーロー

Année: 2014

Réalisation, Scénario, etc. : Masaharu Take, Keiya Mizuno

Musiques: ?

Durée: 123 minutes

Pays: Japon

Genre: Comédie dramatique

Avec: Toshiaki Karasawa = Wataru Honjo

Sota Fukushi = Ryo Ichinose

Tomoka Kurotani = Misaki Oshiba

Le début:

Wataru (Toshiaki Karasawa) est cascadeur. Il double notamment le héros d’un sentai intitulé Les Quatre Dragons. Pour arrondir ses fins de mois, il se produit parfois en ville où il interprète son personnage dans des saynètes devant des groupes d’enfants.

Un jour, il est contacté par un producteur qui veut adapter cette série au cinéma et Wataru est tout heureux car il va ENFIN avoir un « vrai » rôle, avec son nom au générique, tout ça, tout ça… Ah… Attendez… Non, en fait, cette joie n’est cependant que de courte durée, car il sera une fois encore la « simple » doublure du héros, incarné par un certain Ryo Ichinose (Sota Fukushi), une vraie tête de c**, mais j’y reviendrai. C’était donc une fausse joie et c’est pas sympa pour Wataru car on l’aime bien dès le départ tellement il a l’air gentil comme tout.

Un malheur n’arrivant jamais seul, on demande en plus à Wataru de devenir le préparateur physique de Ryo car ce dernier est pressenti pour jouer un rôle dans une production hollywoodienne.

 

Mes impressions:

In the Hero nous donne à voir la différence entre le monde des doublures et autres cascadeurs, qui sont obligés de prendre un autre job pour joindre les deux bouts, qui s’entraînent comme des forçats et qui prennent des risques versus les stars qui récoltent les lauriers, la coolitude, etc. alors qu’elles ne font pas le sale boulot, ne s’abîment pas les côtes et autres abattis. Cette différence dans le traitement des humains est d’autant plus visible dans le monde du cinéma d’action. On imagine bien que ça soit moins le cas dans une comédie romantique, par exemple… Le tout est traité avec une bonne dose d’humour dans la première partie du film, puis le ton est franchement plus sérieux et c’est une très belle surprise !

 

Ryo (notre tête de c**) ne voulait pas avoir de rôle dans l’adaptation du sentai et il le fait bien sentir à tout le monde, à commencer par ce pauvre Wataru, qui est – comme je l’ai déjà dit – la gentillesse incarnée. Heureusement qu’il y a Misaki (Tomoka Kurotani) pour le remettre à sa place. Seule fille du groupe, et à l’opposé de l’actrice qui incarne l’héroïne toute rose, kawai, cutie pie et tout, et tout, c’est une femme forte, qui s’énerve très facilement et n’hésite pas à donner de la voix dès que c’est nécessaire. Malheureusement, elle n’apparaît que trop rarement, ce Ryo a besoin de bonnes corrections.

 

Ce film n’est pas seulement amusant et distrayant, il nous montre l’envers du décor des films d’action et des jeux vidéo dans une moindre mesure. On n’apprend rien de particulier à ce propos, mais c’est toujours intéressant de voir ce genre de choses et c’est bien aussi de faire un film qui montre que sans ces gens, eh ben l’acteur qui incarne le héros est tout de suite moins cool. Donc, ce film est également un clin d’oeil – je l’imagine – à tous ces soit-disant acteurs-héros qui sont grands, forts et beaux, mais qui sont en fait des petits « Ryo » se croyant tout permis et traitant les autres avec le plus grand mépris. Je suis persuadée qu’il y a plus d’acteurs et actrices dans ce style que l’on imagine. Je ne préfère pas en savoir davantage, d’ailleurs, au risque d’être déçue, sait-on jamais !!

 

 

En outre, on nous rappelle des choses ultra logiques mais auxquelles on ne pense pas forcément, comme par exemple le fait qu’il ne soit pas simple de tourner des scènes d’action dans un costume dans lequel on ne distingue quasiment rien et où il est difficile de simplement respirer. Bref, ce film est un bel hommage aux films d’action et surtout à ceux qui mouillent leur liquette tout en restant dans l’anonymat mais qui font que ces films sont ce qu’ils sont. Les vrais héros, ce sont eux ! Pendant le générique de fin, diverses séquences de spectaculaires cascades défilent et je trouve que c’est une belle idée.

Wataru est mon personnage préféré. Sans jamais s’énerver, il essaie de mettre un peu de jugeote et de savoir-vivre dans la tête de ce fichu Ryo, ce qui est plus important que de le préparer physiquement… lui, il n’a rien de physique à faire de toute manière, à part mâcher son chewing-gum de manière pas très élégante à longueur de temps, ce qui lui donne un air vraiment bête au possible. Et encore… une vache qui rumine a l’air plus intelligente, c’est dire. Je n’ai rien contre l’acteur, au contraire, il excelle dans l’art de me faire détester le personnage qu’il incarne. Ryo n’a pas la vie aussi facile que l’on peut s’imaginer au départ, mais à aucun moment je n’ai réussi à le trouver sympathico-kawai-kakoi. Du reste, mon avis n’engage que moi. J’aime bien l’acteur sans plus. Je ne l’ai vu qu’une fois auparavant, si ma mémoire ne me fait pas défaut. Il incarnait Hoshio dans Starman – Kono Hoshi no Koi et mmm… à l’époque il m’avait convaincue sans plus. Néanmoins, je vous recommande ce drama, ne serait-ce que pour tout le reste.

En conclusion:

J’ai eu une très belle surprise en regardant ce film dont je n’attendais pas grand-chose, je vous l’avoue. C’est un film distrayant, parfois amusant et surtout beaucoup plus profond qu’il n’en a l’air au début.

Moi qui ai bien besoin de me distraire – comme beaucoup de gens en ce moment, j’imagine – eh bien ça fait du bien de regarder un tel film !

En gros, regardez In the Hero sans aucune hésitation, les amis. Il fait du bien. Beaucoup de bien.






IZA, le 31 octobre 2020













mercredi 30 septembre 2020

Wonderful Radio

 

La radio qui fait du bien !



Titre original: 원더풀 라디오
Année: 2012
Réalisation, Scénario, etc. : Kwon Chil-in, Lee Jae-ik
Musiques: ? 
Durée: 121 minutes
Pays: Corée du Sud

Genre: Comédie dramatique

Avec: Lee Min-jung = Shin Jin-ah
Lee Jung-jin = Lee Jae-hyeok
Lee Kwang-soo = Cha Dae-geun
Kim Hae-sook = La mère de Shin Jin-ah
Seo Young = Yoon Mi-ra
 
Le début:

Shin Jin-ah est une ancienne membre du girl's band Purple, un groupe qui était populaire au début des années 2000. Le temps a passé, le groupe n'existe plus et Shin Jin-ah est désormais animatrice à Wonderful Radio, une radio qui bat sérieusement de l'aile. Le producteur Lee est appelé à la rescousse pour donner un nouveau souffle à Wonderful Radio et faire repartir l'audimat à la hausse. Shin Jin-ah est d'ailleurs très vite sommée de trouver un nouveau concept pour doper le sacro-saint audimat. Parallèlement à cela, elle essaie de se lancer dans une carrière solo de chanteuse... 

Mes impressions:

Qu'est-ce que ça fait du bien de pouvoir ENFIN se poser pendant deux heures pour regarder ne serait-ce qu'un film et savoir que je vais ENFIN pouvoir poster un article - un vrai - et pas un mot d'excuses ! Car j'en suis là, les amis ! Même deux heures, il me faut batailler pour les trouver. Ma vie est un véritable enfer doublé d'un désert "dramatesque" et "filmesque" ! MAIS, comme septembre est placé sous le signe de la rentrée - tradition oblige, LOL - me revoilou avec un article sur un film coréen que j'avais gardé bien au chaud car le sujet me semblait intéressant vu de loin. Alors, vu de plus près, qu'est-ce que ça donne tout ça? La réponse dans quelques paragraphes !   ;) 


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Tout le monde sait cela: le monde du show business est sans pitié et la vie est souvent difficile pour les artistes passés de mode ou du moins qui ont connu un succès fulgurant mais éphémère et qui doivent ensuite se reconvertir pour continuer à gagner leur croûte une fois que leurs chansons ne passent plus à la radio.
Wonderful Radio nous montre que la radio est un monde tout aussi impitoyable, qui doit obéir à son Dieu: Audimat. Le ton du film est parfois joyeux, mais il est bel et bien question de cette dure réalité. Et ce monde impitoyable ne concerne pas uniquement les gloires passées. La jalousie, les coups bas, tout est permis pour s'imposer à tous les étages, prendre la place de l'autre et rester au sommet le plus longtemps possible !
 

Pour incarner Shin Jin-ah, nous avons Lee Min-jung, au charisme incroyable, qui inonde chaque scène où elle apparaît de son dynamisme et de sa franchise et qui apporte une fraîcheur jubilatoire à ce film. Elle remplit sa mission avec brio, nous dégote un superbe concept qui nous offre les instants les plus chargés en émotion. Elle fait intervenir les auditeurs de manière originale. Bref, elle a une idée de génie. De toute façon, elle est forcément géniale, vu qu'il y a une grosse peluche de Totoro dans sa chambre, hé, hé !
J'ai d'abord cru qu'il n'y aurait pas de suspens insoutenable, j'ai cru voir les grosses ficelles arriver sur leurs gros sabots, mais j'ai bien été obligée de changer d'avis à mi-chemin. Il y a quelques bonnes surprises scénaristiques.
En outre, c'est le genre de film qui fait un bien fou en fin de week-end lorsque le blues du dimanche soir commence à pointer le bout de son nez. Oui, j'ai regardé ce film un dimanche en pleine heure de blues.
Le producteur Lee (Lee Jung-jin) est présenté par certains personnages comme quelqu'un d'ultra antipathique, mais je n'ai jamais trouvé que c'était le cas. Il mène sa barque en professionnel et a un métier stressant. Il a des comptes à rendre en permanence. Ce que j'ai le plus apprécié chez lui, c'est le fait qu'il ait facilement accordé sa confiance en Shin Jin-ah. Là encore, j'ai été agréablement surprise, car j'ai cru qu'il lui faudrait plus de temps. Il n'a pas un abord facile et a très souvent cet air bougon, mais au fond il a un coeur gros comme ça et c'est surtout un type intègre.


Comme l'intrigue se passe dans le monde de la radio, il est donné au spectateur d'entendre de la musique en permanence, des musiques agréables, qui viennent rythmer l'ensemble. LA chanson de référence des Purple est forcément mise en avant - et quand je dis "mise en avant", c'est qu'elle est VRAIMENT mise en avant si vous voyez ce que je veux dire - je connaissais déjà l'air par coeur au bout de 30 minutes de film, sans exagérer.

En conclusion:

Je suis très contente d'avoir pris le temps de regarder Wonderful Radio. C'est une bluette agréable, un film super sympa à regarder le dimanche après-midi lorsque la météo n'incite pas à sortir, ou bien pour redonner le sourire, ou encore pour passer un bon moment tout simplement.
 

 





IZA, le 30 septembre 2020