Non
mais… pour qui vous prenez-vous ?
Année :
1985
Réalisation,
Scénario, etc. :
John Hughes
Musiques :
Keith Forsey
Générique :
« Don't You (Forget About Me) », Simple Minds
Durée :
97 minutes
Pays :
USA
Genre :
Comédie dramatique
Avec :
Emilio Estevez = Andrew « Andy » Clark
Anthony
Michael Hall = Brian Ralph Johnson
Judd
Nelson = John Bender
Molly
Ringwald = Claire Standish
Ally
Sheedy = Allison Reynolds
Paul
Gleason = Richard Vernon
Le
début
:
Mars
1984. Nous sommes à la bibliothèque du lycée Shermer un samedi de
bon matin, c'est donc le jour des colles ! Cinq élèves sont en
retenue sous la surveillance – pas très étroite – du professeur
Vernon qui leur demande de rédiger une dissertation de 1 000 mots à
rendre à la fin de la journée et ayant pour sujet : « Who
do you think you are ? ». Bonne question…
Mes
impressions :
Je
vais commencer par me la raconter : les heures de colle, connais
pas ! Et vous, vous êtes-vous déjà retrouvés en retenue ?
(^^)
Bien,
bien, bien… la raison principale pour laquelle j'ai eu envie de me
pencher sur ce film, c'est la BO, pensez donc : « Don't
you (forget about me) » de Simple
Minds,
le genre de générique qui ne me lasse pas lorsqu'il tourne en
boucle dans ma petite tête (^^).
Il
y a une autre raison : je ne sais pas si The
Breakfast Club
peut être considéré comme un film culte (après avoir un peu
farfouillé sur le Net en quête d'infos, c'est en tout cas le statut
que certains sites lui donnent), mais comme je ne l'avais jamais vu
et que je le connaissais de nom, j'ai pensé qu'il fallait essayer de
combler un peu mes lacunes en culture cinématographique, et
croyez-moi : y'a du boulot !
Accessoirement,
cela me donnait également une bonne occasion de voir un film en
anglais sans les sous-titres : 'faut varier les plaisirs !
(^^)
***
Le
postulat de départ est intéressant : « Who do you think
you are ? » peut être compris de deux manières
différentes. Une traduction possible est : « Pour qui
vous prenez-vous ? », invitant ainsi les collés du jour à
réfléchir à la raison pour laquelle ils ont été punis. Et puis,
dans une veine davantage « philosophico-psychologique »,
ils sont également appelés à réfléchir sur leur identité, leur
personnalité, à cette époque de leur vie où – justement – ils
se cherchent. Je ne vous dirai pas si les gosses répondent à l'une
de ces questions (ou les deux) à la fin du film !
Les
personnages sont des stéréotypes. Nous avons : l'intello
(Brian), le sportif (Andy), la fille populaire (Claire), le voyou
(John) et l'asociale (Allison). Les voici, rien que pour vous :
Brian
Ralph Johnson (Anthony
Michael Hall)
Andrew
« Andy » Clark (Emilio
Estevez)
Claire
Standish (Molly
Ringwald)
John
Bender (Judd
Nelson)
Allison
Reynolds (Ally
Sheedy)
Apparemment,
ils sont différents, mais ils ont déjà quelque chose en commun :
le fait d'être collés tous les cinq et de devoir passer plusieurs
heures ensemble et plancher sur une même question.
La
relation qu'ils vont tisser tous ensemble va passer par plusieurs
phases. Ils vont d'abord exprimer leur mécontentement, leur
incompréhension vis-à-vis de la punition. Ensuite, des petits
conflits vont apparaître car il y a quelques fortes personnalités.
Et, peu à peu, les protagonistes vont faire connaissance, s'ouvrir
les uns aux autres, s'apprivoiser entre deux prises de bec, etc.
C'est
un schéma on ne peut plus classique, un énième film d'ados
pourrait-on dire, avec la bonne vieille rengaine : ma vie est
nuuuulle, mes parents sont nuuuuls, le lycée, c'est nuuuul, mais il
présente heureusement un grand intérêt du point de vue
scénaristique. Les personnages ont de la répartie, les répliques
sont généralement courtes, sans équivoque, parfois brutes de
fonderie, ce qui donne un très bon rythme au film. Par exemple,
voici un florilège de petites phrases assassines, courtes, directes
et ma foi, plutôt drôles dans le contexte :
Un
autre petit exemple de réplique délicieusement fleurie :
« That's what I thought … You're a gutless turd ».
Bon appétit !
Dans
la mesure où quasiment toutes les scènes ont lieu au lycée et plus
particulièrement dans la bibliothèque, j'avais peur d'assister à
un huis-clos ennuyeux avec peu de dialogues. En définitive, il n'en
est rien ! Je pense d'ailleurs que c'est pour cela que The
Breakfast Club
est considéré comme film culte : c'est pour son grand nombre
de répliques mémorables.
Au
début, j'ai un peu déploré le fait que les personnages soient
stéréotypés. En revanche, les rapports de force qui se mettent en
place rattrapent la mayonnaise. En particulier, les pugilats verbaux
qui opposent le professeur Vernon à John (et qui vont coûter à
John deux mois supplémentaires de colle :D) sont d'anthologie.
Le
professeur Vernon (Paul
Gleason)
est une curiosité en soi, un personnage très drôle malgré lui car
il se fait suer autant que les gamins. Il ne tient pas en place,
arpente les couloirs, essaie de s'occuper, etc. C'est un peu comme
s'il était puni lui aussi ! Bon, c'est vrai aussi qu'il est
payé pour faire ça, mais quand même : ça ne doit pas être
drôle de surveiller une colle, surtout avec une tête de pioche
comme John !:D Notez que Richard Vernon est lui aussi en proie à
un peu de vague à l'âme. Ce n'est pas uniquement valable pour les
ados.
The
Breakfast Club
est plaisant à suivre également parce que c'est parfois un film
très drôle, grâce aux attitudes des personnages et aussi par le
biais du comique de situation.
Par
exemple, j'aime ce moment où Andy déballe sa « petite »
collation de midi sous le regard perplexe (et un peu écœuré aussi)
de Claire et John. Andy s'en fiche, il pense juste qu'il va bientôt
faire bonne chère :
Cette
journée ne sera de repos pour personne et les gamins donnent des
éléments de réponse à la question initiale pendant tout le film.
Encore une fois : rien de bien révolutionnaire, mais on a quand
même envie de voir le film jusqu'au bout.
Une
autre question, peut-être plus importante que celle posée par le
professeur Vernon, émerge : serons-nous les mêmes lundi matin
après nous être confiés les uns aux autres et après avoir partagé
et vécu ce que nous avons vécu ensemble aujourd’hui ?
Pour
ce qui est des musiques, j'en ai déjà parlé en début d'article,
mais sachez également que les autres titres entendus tout au long du
film sont : « Waiting » (Elizabeth
Daily),
« Fire in the twilight » (Wang
Chung),
« We are not alone » (Karla
DeVito),
« Heart too hot to hold » (Jesse
Johnson & Stephanie Spruill)
et « Didn't I tell you » (Laurie
Forsey).
En
conclusion :
Ma
peur de l'ennui s'est vite effacée, The
Breakfast Club
n'est pas du tout ennuyeux à suivre, c'est même un très bon film.
Le thème principal est sans grande originalité, mais cela est
largement compensé par un bon scénario et un bon mélange de
comédie et de situations tendues.
IZA,
le
2 juillet
2016
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