mardi 13 septembre 2011

Magerarenai Onna

On tient une perle, les amis, on tient une perle!

Oui, oui, la photo est dans le bon sens! (^_-)
Année : 2010
Réalisation, Scénario, etc. : Seiichi Nagumo, Hiroshi Yoshino, Taketo Kiuchi, Kazuhiko Yukawa
Durée : 10 épisodes de 46 minutes (en moyenne)
Pays : Japon
Genre : Comédie dramatique

Avec : Miho Kanno = Saki Ogiwara
Himeka Asami = Saki enfant
Shosuke Tanihara = Mitsuteru "Kou-Chan" Aida
Hiromi Nagasaku = Riko Hasumi
Takashi Tsukamoto = Masato Sakamoto

Le début :

      Elle a tenté le concours pour devenir avocate 9 fois de suite sans succès. Pourtant, Saki ne se décourage pas et veut aller au bout de son rêve: elle essaie une fois de plus de décrocher ce concours, peu importe ce que les autres pensent... y compris Masato, son petit ami, qu'elle ne veut pas épouser tant qu'elle n'aura pas atteint son but.

Ben oui, vieux, c'est comme ça...
        Saki rencontre un jour Riko dans un supermarché, une camarade de classe qu'elle n'a pas vue depuis 15 ans. Riko semble être l'exact opposé de Saki: c'est une mère au foyer en apparence comblée, elle est un peu superficielle, plutôt enjouée, etc. Saki rencontre également Mitsuteru. Il occupe une place de chef dans la police. C'est un beau parleur, blagueur et surtout dragueur invétéré...
        La petite vie (trop) bien réglée de Saki va peu à peu se mettre à changer, suite à ces deux rencontres: elle n'a jamais eu d'amis auparavant.
             
Mes impressions :

        Au début, je m'attendais à un scénario assez prévisible. En fin de compte, j'ai eu mon lot de surprises et j'ai été bien stressée jusqu'au bout! Il faut dire que plus on avance dans l'intrigue, plus c'est stressant... mais également incroyablement passionnant. Magerarenai Onna, c'est avant tout une belle histoire d'amitié entre trois personnes, trois caractères que tout semblait opposer au départ. Mais en amour comme en amitié, les opposés ne seraient-ils pas faits pour s'attirer?
      Comme c'est souvent le cas, les personnages ne sont pas ce qu'ils paraissent. C'est particulièrement le cas pour Riko et Mitsuteru. Riko vit dans une maison extraordinairement belle, a deux beaux enfants, son époux gagne bien sa vie... mais, car il y a un "mais", elle n'a aucune emprise sur son quotidien: sa belle-mère vit chez elle et régit tout à sa guise... Riko peut à peine approcher ses enfants! Comme si cela n'était pas suffisant, son mari la trompe. Riko est une femme courageuse qui sourit tout le temps, ne montre surtout pas son chagrin et sort en ville se défouler en dépensant de l'argent en achats compulsifs. Là, elle a une paix royale. Bien sûr, elle n'est pas heureuse pour autant, en témoignent les fringues et les chaussures de marque qui s'accumulent façon montagne dans un placard et semblent destinés à y rester: les paquets ne sont pas défaits. Bref, Riko se sent terriblement seule et se met à coller Saki. Quelquefois c'est drôle, quelquefois c'est émouvant, car la solitude de Riko est vraiment palpable.



    On ne le découvre pas immédiatement, mais Mitsuteru (ou "Kou-Chan", si vous préférez...) est également seul. Pour commencer, il n'a personne dans sa vie et accumule les conquêtes d'un soir. Il n'a pas non plus d'amis parmi ses collègues... il a d'ailleurs un sérieux problème vis-à-vis de son travail. Il semble n'être que frivolité, mais il peut également se montrer on ne peut plus sérieux et bienveillant et il est toujours là pour disputer Saki lorsqu'il le faut. Bien sûr, il est là aussi pour les bons moments!



        Saki est une femme froide en apparence. En fait, elle a beaucoup de mal à nouer des liens. Elle trimballe un lourd passé, une tragédie qui s'est déroulée devant ses yeux étant enfant et pour couronner le tout, elle n'arrive pas à communiquer avec sa mère. Elle est obsédée par ce fichu concours. Masato, son petit ami, la soutient depuis presque 10 ans, mais il commence sérieusement à atteindre ses limites et du coup, il n'est pas là pour Saki alors qu'elle a besoin de lui et il se conduit de manière maladroite lors des moments importants de la vie de Saki. Etant donné que cette dernière est têtue et fière, elle ne lui avoue pas sa détresse. Gros blocage!
       L'appartement où elle vit ressemble à une bibliothèque. C'est une maniaque dont la vie est réglée comme du papier à musique. Elle reprend ses interlocuteurs sur leur langage et leurs manières et elle s'impose une discipline de fer: elle a décidé qu'elle ne mangerait pas de fromage tant qu'elle n'aurait pas réussi ce fichu concours, quand bien même elle adore le fromage. De même, elle achète tous les ans une bouteille de vin... qu'elle n'ouvrira pas tant que le jour qu'elle attend ne sera pas arrivé. (Entre nous: bonjour la cuite si elle réussit!)


       Et c'est à peu près tout. Trois âmes seules se rencontrent et vont partager leurs peines, leurs défaites, leurs victoires et leurs joies. C'est une histoire simple, mais très joliment racontée. Les personnages sont humains, ils ont leurs faiblesses, leurs défauts et leurs bons moments. Chacun grandit au contact des autres. De ce fait, il y a beaucoup de passages émouvants... mais également des moments où l'on sourit, parce que Shosuke Tanihara est né pour faire le pitre et ses facéties viennent fort heureusement détendre l'atmosphère.
      Le thème de l'amitié entre adultes me rappelait tout d'abord Love Shuffle. Et puis, la présence de Miho Kanno dans la distribution, la relation entre son personnage et celui de sa mère et un petit quelque chose dans l'ambiance et l'histoire m'ont fait penser à Koi Ga Shitai Koi Ga Shitai Koi Ga Shitai et il semble que j'ai eu du nez: dans l'épisode 4, il y a un clin d'œil à ce drama. En effet, Saki porte une caisse d'oranges et la pose bien en évidence devant la caméra. Or, dans Koi Ga Shitai Koi Ga Shitai Koi Ga Shitai, le personnage qu'incarne Miho Kanno se prénomme Mikan (qui signifie "orange" en japonais). Apparemment, ce n'est pas un hasard, mais une sorte de clin d'œil: Kazuhiko Yukawa a participé à l'écriture de ces deux dramas! Bon, c'est vrai que c'est un détail, mais j'avais trouvé ça amusant...
      Question musique, les morceaux instrumentaux ne sont pas envahissants et sont tous très beaux. Et puis... lorsque Saki a besoin de se motiver pour potasser, elle écoute des chansons de Michael Jackson et des Jackson 5, ce qui est surprenant au départ, mais finalement assez cocasse... surtout lorsque Saki reprend les mêmes pas de danse. L'ending, Modorenai Ashita, est interprété par Aiko.

Et ça, c'est la plus attendrissante pub d'ending de drama!
En conclusion :
           
       Voilà, c'est le genre de drama où j'ai eu envie d'applaudir à la fin, tellement c'est beau et fin. Bon, je n'applaudis pas, ça serait vraiment bizarre... et un peu glauque aussi, non? ^^' Comme je l'annonçais dans le titre: c'est une perle.
       Je remercie de tout cœur Katzina et Kerydwen qui m'ont fait découvrir ce drama il y a un moment de cela et qui en ont parlé de manière très juste! <3 J'ai vraiment eu envie de voir Magerarenai Onna après avoir lu leur avis et je ne l'ai regretté à aucun moment!






IZA, le 13 septembre 2011

mercredi 7 septembre 2011

Tuer le père

par Amélie Nothomb


Auteur: Amélie Nothomb
Pays: Belgique
Genre: Roman
Nombre de pages : 151
Année de première parution : 2011
N° ISBN: 978-2-226-22975-5

Le sujet :

    Nous sommes à Reno, dans le Nevada. Joe n'a jamais connu son père et il est abandonné par sa mère à l'âge de quatorze ans. Il a un talent: il s'avère très doué pour les tours de magie. Joe se débrouille seul et se produit dans les bars pour gagner un peu d'argent. Une nuit, un homme repère son talent exceptionnel et communique à Joe le nom et l'adresse de Norman Terence, le plus grand magicien. Norman Terence va devenir une sorte de père de substitution pour Joe. Très vite, Joe veut que son "père" lui apprenne des tours de triche.
       Parallèlement à cela, Joe tombe éperdument amoureux de Christina, la compagne de Norman...
  
Contenu et impressions :

    Tuer le père est son 19ème roman paru. Je précise bien "paru", parce qu'elle écrit plusieurs romans chaque année mais ne choisit d'en publier qu'un seul.
     J'ai découvert Amélie Nothomb il y a à peu près huit ans sur les conseils d'un fan. Il m'avait dit quelque chose du genre: "Comment ça, tu n'a jamais rien lu d'elle? Tu devrais, c'est vraiment bien!" J'ai commencé par l'incontournable Stupeur et Tremblements, puis j'ai lu Hygiène de l'assassin. Je suis devenue fan à mon tour et j'ai lu tous ses romans depuis. Cela fait donc huit ans que le mot rentrée rime avec: le-dernier-Nothomb-a-été-publié. Mon rapport avec ses romans est assez étrange: j'ai déjà été déçue et je le serai peut-être à l'avenir, pourtant je ne manquerais leur sortie pour rien au monde, et lorsque j'aime l'un de ses livres, je le lis encore et encore. 
      Cette année, c'est un bon cru... enfin, c'est mon humble avis. Pour commencer, j'aime beaucoup la couverture: rouge comme la passion et comme le feu. Et ça tombe bien, il en est question! (^^) En fond, on peut distinguer quelques pages d'un autre roman de "la dame au chapeau": Biographie de la faim. Enfin, on peut également voir l'auteur qui, sauf erreur de ma part, apparait pour la première fois sous forme de dessin. D'habitude, c'est une photo...
    Amélie Nothomb commence par revisiter une histoire vieille comme le monde (ou presque), puis un retournement de situation survient. L'essentiel de l'intrigue se déroule à Reno. Le lecteur pénètre dans l'univers fascinant de la magie. L'un des temps forts du roman se produit lors du Burning Man, un festival qui a lieu tous les ans depuis à peu près 30 ans dans le désert de Black Rock. Je ne connaissais pas ce festival et je suis allée voir quelques vidéos sur le Net... eh bien, c'est tout à fait ahurissant!
       Le roman se lit très rapidement. Je ne vais pas trop rentrer dans les détails de l'intrigue, mais je vais juste dire ceci: le dernier tiers me laisse un peu sur ma faim. J'ai trouvé qu'Amélie Nothomb était allée un peu vite en besogne pour démêler son intrigue. Le moins que l'on puisse dire, c'est que la fin est inattendue, mais l'arrivée d'un personnage à la toute fin du roman me fait l'effet d'un tour de passe-passe. Alors, Amélie Nothomb: magicienne ou tricheuse?    
             
En conclusion :

      Ah les amis, c'est terrible: il va falloir attendre un an avant de lire le prochain Amélie Nothomb!
           
Un petit mot sur l'auteur :

     Née en 1967 à Kobe, Amélie Nothomb partage son temps entre la France et la Belgique. Fille d'ambassadeur, elle a beaucoup voyagé étant enfant en Asie et aux Etats-Unis, au gré des affectations de son père. Son premier roman, Hygiène de l'assassin, paraît en 1992. A ce jour, elle a publié 19 romans, 1 pièce de théâtre et de nombreux contes et nouvelles. Elle a reçu plusieurs distinctions, notamment le prix du roman de l'Académie française en 1999 pour Stupeur et tremblements.
           
Amélie Nothomb

Source renseignements sur l'auteur: site Wikipedia.
Source photo de l'auteur:


IZA, le 7 septembre 2011

vendredi 2 septembre 2011

La Mémoire double


par Igor et Grichka Bogdanov


Auteurs: Igor et Grichka Bogdanov
Pays: France
Genre: Roman
Nombre de pages : 400
Année de première parution : 1985
N° ISBN: 978-2-221-12612-7

Le sujet :

      A presque quarante ans, Antoine Dirac a pour ainsi dire toujours vécu et travaillé dans la même ferme et sa vie est rythmée par le travail. Une mécanique bien huilée... jusqu'à ce qu'un grain de sable vienne enrayer cette mécanique: il doit fournir son numéro de Sécurité sociale à l'Inspection du travail. Le problème, c'est qu'il ne s'en souvient pas et il ne possède aucun document où figure le précieux numéro.
  
Contenu et impressions :

       Je ne peux pas me payer le luxe de passer mes journées à lire. J'ai été tout de même obligée de laisser le livre de temps en temps, mais si j'avais pu, je pense que je l'aurais lu d'une traite. Eh oui, rien que ça!
       Surprise! Les frères Bogdanov écrivent des romans. Oui, en fait, je ne le savais pas. Je savais qu'ils avaient publié des choses, mais pas des romans. Je me suis arrêtée à Temps X, voyez-vous... et encore! J'étais très jeune et je ne comprenais rien à cette émission que je trouvais bizarre à l'époque et le générique de La Quatrième Dimension m'effrayait ^^. Maintenant, ça va mieux... et j'adore La Quatrième Dimension!
     Le livre a déjà paru dans les années 80. Donc là, je me suis trouvée devant mon manque de culture générale :( Bon, pour ma défense, je vais dire que je ne me suis pas non plus intéressée plus que ça aux frères Bogdanov pendant toutes ces années... jusqu'à ce fameux jour ou j'ai vu ce livre dans un centre commercial. Ils m'ont eue au marketing ("Ils ont un air sympa sur ce dessin, dis donc!... Oh, et quel joli bleu en fond!") et à la curiosité ("Tiens, tiens, voyons voir ce que ça donne, cette affaire!").
        Plus sérieusement, revenons au contenu du livre...
        J'ai été happée par l'intrigue. Le lecteur se doute dès le départ qu'il doit forcément se passer quelque chose de pas banal car tout est trop bien réglé chez ces fermiers: la vie à la ferme et les travaux aux champs bien organisés au rythme des saisons. Chacun a une place bien définie et connait sa partition par cœur. Et puis soudain, il y a cet orage. Un orage étrange. Et puis la visite de ce prêtre que personne ne connaît, sans parler de ces deux inspecteurs qui viennent demander régulièrement à Antoine ce foutu numéro. Des phénomènes étranges se produisent. Bref, quelque chose ne va pas... ou plutôt, il se passe des choses en parallèle. Un sentiment d'insécurité plane en permanence. Antoine n'est pas tranquille. Quelque chose de très grave est lié à son numéro de Sécurité sociale, mais quoi?
       Le lecteur est tenu en haleine pendant un bon moment... un trop long moment, peut-être. Les détails sur la vie à la ferme deviennent un peu fastidieux, la machine tarde à se mettre en branle. C'est le seul véritable reproche que j'ai à faire et cela ne gâche pas le plaisir de la lecture. On devient juste un peu impatient. Heureusement, à l'entame du dernier quart, il se passe une chose incroyable et l'intrigue est relancée à cent à l'heure et il devient même carrément impossible de lâcher le livre une fois arrivées les 50 dernières pages. Je vous préviens: les frères Bogdanov jouent avec nos nerfs!
             
En conclusion :

      A moins de connaître la fin du roman avant de l'avoir lu, il est impossible de prévoir le dénouement. A l'instar d'Antoine, le lecteur essaie d'assembler les pièces du puzzle, mais le lecteur a tout de même un avantage sur lui: il découvre avant Antoine que ce dernier est lié à un complot sur fond de Guerre Froide et cela rend le suspens intenable... et c'est jubilatoire!

Un petit mot sur les auteurs :

        Igor et Grichka Bogdanov sont des universitaires, romanciers et essayistes nés en 1949 au château de Saint-Lary. Leur passion pour l'astronomie naît très tôt. Leur premier ouvrage paraît en 1976 et s'intitule: Clefs pour la science-fiction. Ils sont également connus en tant qu'animateurs et producteurs d'émissions TV, notamment de la célèbre émission Temps X.
           

Igor et Grichka Bogdanov
  
Source renseignements sur les auteurs: Site Wikipedia.


IZA, le 2 septembre 2011